X
    Categories: Choquant

Ile de Ré : Un gendarme a mis une amende à un automobiliste pour non-respect du confinement alors qu’il allait voir son père mourant

Crédit photo : Maury GOLINI / Le Républicain Lorrain


Le 4 avril dernier, Patrice D.

ADVERTISEMENT

a reçu un appel de sa belle-mère lui indiquant de venir rapidement car son père atteint d’un cancer généralisé était mourant. Il a donc parcouru 300 km en voiture pour se rendre à leur domicile situé à Rivedoux sur l’île de Ré.

Cependant, Patrice D. s’est fait arrêter par un gendarme à l’entrée de l’île de Ré qui lui a refusé d’entrer et a reçu une amende pour non-respect du confinement. Le journal Le Petit Solognot a rapporté que sa belle-mère et le médecin de son père ont pourtant témoigné de l’importance de la situation au gendarme.

ADVERTISEMENT

 

L’automobiliste s’était renseigné sur les règles du confinement

 

Afin de veiller au respect des règles du confinement, l’homme a demandé à la gendarmerie du Loir-et-Cher, où il habite, s’il pouvait se rendre auprès de son père mourant. Cette dernière lui a assuré qu’il s’agissait bien d’un motif impérieux permettant de se déplacer pendant le confinement tel que prévu dans le décret du 23 mars.

ADVERTISEMENT

Le matin du 4 avril, Patrice D. s’est donc mis en route pour rejoindre l’Ile de Ré. Il s’est muni d’une attestation de déplacement dérogatoire au motif qu’il allait au chevet de son père mourant. Il a été contrôlé une première fois par un gendarme en sortant de l’autoroute et celui-ci la laissé repartir après avoir expliqué la raison de son déplacement. Il lui a même souhaité «bon courage» a rapporté Patrice D. à France Inter.

ADVERTISEMENT

 

Une amende pour non-respect du confinement et refus d’entrer sur l’île de Ré

 

Cependant, Patrice D. a eu moins de chance avec son deuxième contrôle routier. Alors qu’il était bientôt arrivé, à seulement trois kilomètres de chez son père, le gendarme situé à l’entrée de l’île de Ré n’a pas été aussi compréhensif que le premier. Celui-ci pensait que l’automobiliste se rendait dans un Ehpad, chose interdite pendant le confinement.

ADVERTISEMENT

Patrice D. a raconté à France Inter sa confrontation avec le gendarme : «Je réponds que mon père n’est pas dans un Ehpad, il est en hospitalisation à domicile et il est en phase terminale d’un cancer. Sa réponse : ‘Non, non, vous ne passez pas, je vous mets une amende‘».

ADVERTISEMENT

L’automobiliste a alors téléphoné à sa belle-mère ainsi qu’au médecin de son père pour expliquer la situation au gendarme.point 115 | Cependant, ce dernier est resté ferme sur sa décision.point 163 | Ensuite, Patrice D.point 180 | a tenté de contacter la gendarmerie locale ainsi que des élus locaux et la préfecture, mais il n’a pas pu rentrer sur l’île de Ré et se rendre au chevet de son père mourant.point 330 |

ADVERTISEMENT

Après avoir tout essayé pendant cinq heures, il a finalement été contraint de faire demi-tour.point 84 | 1

 

Son motif de déplacement était portant recevable pendant le confinement

 

Après cet incident, Patrice D. a contacté la gendarmerie nationale sur Facebook pour faire part de sa situation. Un adjudant lui a répondu : «Vous étiez sur un motif impérieux. Je suis désolé».

ADVERTISEMENT

Le Syndicat des Commissaires de la Force Nationale a confirmé sur Twitter qu’il s’agissait bien d’un motif valable pendant le confinement. Il a également ajouté que «la contravention ne permet pas de forcer une personne à faire demi-tour».

ADVERTISEMENT

Patrice D a déclaré à France Inter : «L’erreur est humaine, ça, je le conçois, mais ce gendarme avait l’obligation, au moment où il avait le médecin en ligne, de dire ‘Je me suis planté, excusez-moi’».

ADVERTISEMENT

«C’était le dernier jour où je pouvais le voir. C’est le dernier jour où l’on pouvait parler une dernière fois» a-t-il confié. Quelques jours plus tard, son père est décédé et Patrice D. a pu se rendre sans encombre à l’île de Ré et aller dans la chambre funéraire.

ADVERTISEMENT

Suite à l’incident avec le gendarme, Patrice D a déposé un signalement auprès de l’Inspection générale de la gendarmerie nationale, et saisi le procureur de la République de La Rochelle.

 

À lire aussi :

Vacances scolaires d’Île-de-France: la police a verbalisé 64 personnes pour non-respect du confinement

ADVERTISEMENT